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Avec les conditions climatiques de ces derniers jours, les populations de ravageurs ont parfois explosé ! Surveillez bien vos cultures pour lutter efficacement contre ceux-ci


- Drosophila Suzukii
Les attaques de drosophile asiatique reprennent de l’essor avec les conditions plus fraiches et humides actuelles. La présence du ravageur est confirmée sur la plupart des secteurs. Son évolution étant exponentielle, les dégâts peuvent survenir très vite et impacter d’autres cultures après les fraises et framboises.
La lutte contre ce ravageur repose principalement sur la prévention.


Il s’agit de :
1/Mettre en place des mesures prophylactiques
• Surveiller ces cultures pour intervenir dès les premiers signes de présence du ravageur
• Eviter de trop espacer les cueillettes
• Veiller à une bonne aération des plantations
• Ne laisser aucun fruit en sur-maturité au sol ou sur les plants
• Eliminer les écarts de récoltes en les plaçant loin des parcelles ou dans un bac hermétiquement fermé pour éviter d’attirer le ravageur

2/Mettre en place du piégeage de contrôle et/ou massif
Les méthodes de piégeage alimentaire permettent de limiter le développement du ravageur dans les cultures.
Le piège DROSAL® de la société Andermatt est un petit pot rempli d’attractif, à placer sous le feuillage dans les rangs extérieurs de la parcelle à protéger (1 piège tous les 2m). Utilisable en plein champ et hors-sol. A remplacer toutes les 3 semaines jusqu’à la fin de la récolte.
Attention : pour être efficace, les pièges doivent être placés avant que le ravageur s’installe dans la parcelle. Le piégeage n’est pas un moyen de lutte suffisant à lui seul, il faut le complémenter à la prophylaxie et aux traitements.
Ce piège existe aussi sous forme réutilisable (à remplir d’attractif toutes les 3 semaines).


3/ Barrière physique à l’aide de filet
Un filet à maille fine (inférieur ou égal à 900μ) peut être disposé autour de la parcelle ou de la serre pour limiter son entrée. Attention à ce qu’il n’y ait pas de drosophiles présentes dans la parcelle avant la mise en place du filet. Certains effets secondaires comme l’augmentation du risque de maladies fongiques peuvent intervenir.


4/ Utilisation de répulsifs
Une protection des cultures par des produits répulsifs comme les extraits d’ail ou un assemblage de macérations de plantes comme l’Efferalg peut être envisagée.

- THRIPS
Les fortes chaleurs ont favorisé la présence de thrips dans les cultures maraichères et fraises. Ceux-ci piquent les fleurs, formant des fruits bronzés. Voici quelques méthodes pour limiter les dégâts :
1/ Faire des lâchers d’insectes
THRIPEX : Neosulius cucumeris va consommer les jeunes larves de thrips. A placer sous forme de sachet en préventif dans les parcelles ou en début d’attaque. En cas de présence d’aleurodes et acariens, il est préférable d’utiliser SWIRSKII qui consommera les 3 ravageurs (attention, non efficace en tomates).
LIMONICA : Amblydromalus limonicus va consommer les larves de thrips âgées également. C’est un bon complément au THRIPEX en cas de présence de différents stades larvaires. Cet acarien est aussi efficace contre les aleurodes.
THRIPOR : Punaise prédatrice Orius qui va consommer les adultes et larves de thrips. A lâcher en vrac dans la culture dès les premiers thrips observés.


2/ Augmenter l’hygrométrie sous serre
Mettre en marche l’aspersion sous les gouttières pour augmenter l’humidité et diminuer la température. Les conditions seront alors moins favorables à son installation.
Enherber sous les gouttières permet aussi de maintenir une certaine hygrométrie sous la serre et permettrait de limiter leur développement.


3/ Eliminer les feuilles au sol
Les larves peuvent se développer dans les résidus de végétaux et dans le sol. Le fait d’avoir une bâche au sol permet de limiter l’installation du ravageur dans les serres au fil des années. De plus, bien balayer après la taille permet de limiter les infestations.


4/ Optimiser les traitements
Passer un Efferalg la veille au soir avant le traitement permettrait d’optimiser l’efficacité de ce dernier. En effet, l’Efferalg va gêner le thrips de façon à ce qu’il soit plus vulnérable face aux produits.


-PUCERONS
Les pucerons sont encore bien présents dans les cultures. Attention aux fourmis qui peuvent les protéger et les élever.
1/ Lutte contre les fourmis
Pour éviter l’installation des fourmis, il est possible d’utiliser de la glue sur les piquets de culture (culture hors-sol sur piquet). Des seaux de 6kg de glue Tangle-Trap de la société Andermatt sont spécialement conçus pour la lutte contre les ravageurs (pour ré-engluer les pièges chromatiques et pour faire une barrière de glue contre les fourmis, chématobies ou autres insectes).
Fourmi sur feuille de fraisier, attirée par les pucerons Seau de glue TangleTrap


2/ Lâchers d’insectes :
Les auxiliaires naturels commencent maintenant à bien s’installer (chrysopes, syrphes, coccinelle) et peuvent ralentir le développement des colonies. Des lâchers d’insectes sont parfois à envisager en complément.
Exemples :
APHISCOUT, mélange de différentes espèces d’Aphidius, permettant un meilleur rayon d’action sur les pucerons de plusieurs cultures. Le flacon est à déposer près des plantes, les aphidius vont sortir pour parasiter les pucerons. Les momies de pucerons pourront être observées quelques jours après.
CHRYSOPA, larves de chrysopes à saupoudrer sur les foyers (photo ci-contre).


3/ Engrais foliaire :
L’HOMEOCLEAN à 5% (savon noir) permet de nettoyer le miellat déposé sur les plantes. L’EFFERALG (macérations et huiles essentielles) à 5% permet de renforcer les défenses naturelles de la plante. Attention : non compatible avec la PBI ,à utiliser avant d’effectuer les lâchers.


- ACARIENS
La présence d’acariens est exceptionnelle cette année avec les conditions chaudes et sèches. Il y a plusieurs façons de limiter les dégâts :


1/ Faire des douchages
Bien humecter le feuillage à l’aide de l’aspersion pour gêner leur installation. Attention à ce que le feuillage sèche rapidement après pour éviter l’installation de maladies fongiques.


2/ Faire des lâchers d’insectes
SPICAL ou SPIDEX : Neoselius californicus et Phytiseulius persimilis sont des acariens prédateurs des acariens tétranyques. Plus le lâcher est précoce, plus il est efficace. Attention une fois les prédateurs installés, il vaut mieux éviter les douchages.
SWIRSKII peut aussi être efficace, surtout qu’il consomme d’autres ravageurs (thrips et aleurodes). Attention ne s’installe pas en tomate.


Redonner du peps à vos cultures remontantes
Une fois le premier jet passé, il est parfois nécessaire d’aider le plant à repartir. En effet certaines racines meurent et le plant a besoin de se régénérer. Pour cela, un stimulateur racinaire à passer dans le goutte-à-goutte peut être envisagé !
Exemple : passer du MH51 à raison de 8L/ha, aux derniers arrosages de la journée, un jour par semaine pendant 3 semaines.